Tibériade est un nom qui semble convenir à merveille aux histoires extraordinaires. Sur le lac de Tibériade, Jésus a invité saint Pierre à marcher sur les eaux. Tibériade, c’est aussi le nom de la fraternité fondée il y a trente ans par frère Marc en province de Namur, à Lavaux-sainte-Anne.
La fraternité de Tibériade, vous ne connaissez pas. C’est à quelques kilomètres de l’autoroute des vacances, la E411, qu file vers le Luxembourg. Vous prenez la sortie 22a, vous traversez le petit village de Lavaux-sainte-Anne, et quelques centaines de mètres plus loin, vous garez sagement votre voiture à l’orée du bois du Charnet. Il reste quelques mètres à faire, à pied. L’occasion d’admirer le cadre champêtre et serein choisi par le frère Marc pour fonder sa fraternité.
Les “moineaux” de Tibériade – comme les frères s’appellent volontiers – vous accueillent avec un bonheur vrai. La joie est inscrite dans les lignes directrices de leurs règles. La joie ! Et puis la simplicité, l’harmonie qu’apportent la prière, la rencontre et le travail manuel.
Sur le pas de l’ancienne étable, face aux prés qui s’étendent devant nous, le frère Marc s’assied sur une souche d’arbre. Après avoir admiré le spectacle de cette nature si belle en ce joli jour de juin, il se confie en toute simplicité, racontant les débuts.“Quand j’étais enfant, j’avais beaucoup de mal à l’école. C’était vraiment une grande joie de venir en vacances ici, à Lavaux-sainte-Anne. J’aimais bien bricoler, construire des cabanes, pêcher, découvrir les animaux de la ferme.”
Ici, chaque lieu, s’il parlait, pourrait dire son histoire, le travail, la persévérance et la foi qu’il aura fallu pour défricher ces terres, monter ces murs, fixer ces charpentes. Au fil des ans, les bâtiments se sont développés, en fonction des besoins de la fraternité. Aujourd’hui encore, à peine la nouvelle grange terminée, un nouveau chantier se prépare pour agrandir le réfectoire.
Frère Lionel est arrivé à Tibériade il y a cinq ans : “Avant de venir ici, j’avais tout ce qu’il faut pour dire que j’avais réussi dans la vie. J’étais comptable, je gagnais de l’argent. J’avais des copains. Et malgré tout ça, je ressentais un vide dans mon existence. Je suis parti en Asie pour découvrir l’hindouisme. Et puis, après un an, je suis rentré, et je me suis rendu compte que ce qui m’avait plu là-bas, c’était la vie communautaire. Ici, j’ai découvert ce que je cherchais.”
Avec le frère Marc, nous repartons en visite. Avant de quitter Tibériade, nous voulions voir la nouvelle grange. Le toit est surmonté d’une croix. Ce qui donne au bâtiment des allures d’église. Ici, pourtant, les moutons et les vaches trouvent refuge durant l’hiver. “Au printemps dernier, quand les bêtes sont retournées aux prés, nous avons tout nettoyé pour accueillir des familles”, raconte le frère Marc. De grandes poutres posées sur des parpaings font office de bancs pour une large assemblée. Au fond, devant un Christ en croix, un petit saint François d’Assise en terre cuite est à genoux, en prière. Sa main tendue est marquée du stigmate et son visage rayonne, comme rayonnent d’ailleurs tous les visages rencontrés ici. Paix intérieure, foi profonde...
Le frère Marc raconte les débuts de la fraternité dans un récit simple et touchant. Que d’événements improbables et pourtant véridiques : un Saint-Joseph qui attire des dons bien nécessaires, des poussins sauvés du frigo, un âne qui reconnaît le Maître, la visite impromptue du roi Baudouin… Le livre reproduit de nombreuses photographies qui témoignent de la vie douce et joyeuse à Tibériade.
Jérémie BRASSEUR
"Histoire d’un appel"– L’Emmanuel – 216 pages – Paiement anticipatif : 20 EUR, port compris, au compte 732-7032002-38 - IBAN BE24 7327 0320 0238 - BIC CREGBEBB de Dimanche-Service, 20 Place de Vannes, 7000 Mons.