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Séisme en Haïti

L’AMIE inquiète pour ses filleuls

Séisme en Haïti

Depuis le terrible séisme qui a détruit Port-au-Prince, capitale de Haïti le 13 janvier dernier, la population locale vit un drame sans fin. La situation est particulièrement douloureuse pour les plus défavorisés, et notamment les 52 enfants que l’Aide Médicale Internationale à l’Enfance (l’AMIE) parraine pour leur permettre de suivre une scolarité qui les arrachera à la rue et à la délinquance. La responsable belge francophone pour Haïti et le Pérou, Janine Clapuyt-Van Rossum, témoigne.

À Haïti, confie-t-elle, c’est l’horreur ! L’Aide Médicale Internationale à l’Enfance parraine 114 enfants (dont 52 à Port-au-Prince). La gestion est assurée sur place par deux religieuses dont l’une est décédée lors du tremblement de terre. Je reste sans nouvelle de la seconde, qui n’a pas encore répondu à mes appels par mails. Les parrains et marraines du réseau de l’AMIE n’arrêtent pas de m’appeler pour avoir des nouvelles concernant leurs filleuls, mais je ne peux pas leur dire ce que vont devenir ces enfants, ni même s’ils sont encore vivants. À l’heure actuelle, je n’ai aucune nouvelle d’eux."
– Depuis vingt ans, avec l’AMIE, vous vous occupez de ces enfants. Comment cela se passe-t-il concrètement ?
– Notre travail, c’est de trouver des parrains et des marraines en Belgique, qui donnent tous les mois 25 euros à un enfant, pour lequel nous réalisons une fiche personnelle, avec photos et renseignements. Tous les deux mois, j’envoie ces allocations de parrainage. L’intégralité de l’argent des donateurs est versée aux enfants. L’association ne fonctionne que sur des fonds propres et grâce au travail de tous les collaborateurs bénévoles. À Haïti, comme dans les autres pays du Tiers Monde, des religieux sont chargés de gérer les parrainages.
– Qui sont ces enfants que vous parrainez ? – Parmi les enfants que nous aidons, il y en a qui sont orphelins, mais la plupart sont tout simplement des enfants de familles pauvres qui n’auraient pas la possibilité de suivre leur scolarité sans une aide extérieure. Certains vivent dans la Cité-Soleil, un bidonville où vous vous demandez comment il y a moyen de vivre.
– À quoi sert la contribution mensuelle des parrains et des marraines ?
– Cela permet aux enfants d’aller à l’école. Ils ont besoin d’un uniforme. C’est obligatoire à Haïti. S’il reste quelque chose quand on a payé le minerval, l’argent sert à acheter un peu de nourriture ou un médicament. Normalement, le parrain ou la marraine s’engage à soutenir l’enfant dans sa scolarité jusque 18 ans. Il est rare que les enfants poursuivent au-delà. S’ils le veulent, après 18 ans, il est possible pour eux de suivre des formations. Mais cela n’entre plus dans le cadre du parrainage.
– Quand vous avez appris la catastrophe, vous avez tout de suite réagi ?
– J’ai appris cela par les médias. J’ai immédiatement envoyé des mails aux religieuses avec qui nous travaillons, à Port-au-Prince. Malheureusement, sans réponse. J’ai finalement appris que l’une d’entre elles était morte et qu’il y avait eu beaucoup de dégâts à l’école du Perpétuel Secours, gérée par sa Congrégation, les Filles de Marie. Ici, en Belgique, des dizaines de parrains et de marraines m’ont téléphoné. Ils sont vraiment fort attachés à ces enfants. Je ne m’en étais jamais vraiment rendu compte. Moi, je ne fais que transférer de l’argent, des bulletins d’information et des lettres que les religieuses m’envoient par paquets de soixante ou quatrevingt.
– Qu’allez-vous faire maintenant ?
– Je vais continuer à envoyer des appels un peu partout. Il faut que je fasse parvenir le courrier qui devait partir au mois de janvier. Je connais une dame qui remplit tous les ans un container pour Haïti, elle connaît bien le pays. Je vais lui confier cela. Mais je ne sais pas encore à quel endroit lui demander de le déposer. Je sais que la congrégation des Filles de Marie gère un autre institut à Port-au-Prince. Le mieux à faire, c’est sans doute de leur envoyer la liste des enfants parrainés, pour qu’on puisse les rechercher. Recueilli par Jérémie BRASSEUR
A.M.I.E. asbl – Avenue de l’Espinette, 19 à 1348 Louvain-la-Neuve – 010/45.01.29 – Compte bancaire 000-1034215-01 – Communication : “Haïti, enfants du tremblement de terre” – Tout versement annuel de minimum 30 € donne droit à une attestation de réduction fiscale qui sera envoyée au donateur début 2011.
L’Aide Médicale Internationale à l’Enfance (AMIE) est une association qui, depuis 30 ans, propose le parrainage d’enfants défavorisés dans de nombreux pays du Tiers-Monde, dont Haïti, le Pérou, les Philippines et le Congo.
 
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