"Le prix à payer”, de Joseph Fadelle, est de ces récits qui ne s’oublient pas. Il narre la conversion d’un jeune irakien musulman au christianisme, et le véritable calvaire qui s’en suivit pour échapper à la mort. Un témoignage bouleversant.
Mohammed Moussaoui est un jeune Irakien, appartenant à une grande et noble famille, issue du septième des 12 grands imams chiites. Il est aussi celui sur qui compte son père pour reprendre les affaires familiales. Mais avant de s’engager dans ce destin tout tracé, il doit faire son service militaire.
S’il évite de devoir se battre sur le front iranien, le hasard de son affectation l’oblige en revanche à partager sa chambre avec Massoud, “un mécréant qui sent le chien“. Massoud est chrétien. De cette confrontation pouvait naître le pire. Mais un jour qu’il est seul dans cette chambre, Mohammed ouvre un livre qu’a laissé Massoud, intitulé “Les Miracles de Jésus”. Le jeune musulman s’émerveille de ce livre. Entre les deux jeunes militaires se noue alors une amitié paradoxale, qui n’exclut pas le débat idéologique et religieux. Étonné par la foi douce et vivante de Massoud, Mohammed cherche à la soumettre à la critique. Jusqu’au jour où… Ce matin-là, Mohammed se réveille en étant particulièrement de bonne humeur. Il se souvient parfaitement de son rêve où un homme d’une grande beauté lui dit : “Pour franchir le ruisseau, il faut que tu manges le pain de vie“. Le lendemain, il découvre cette même expression de “pain de vie” dans l’Évangile que lui a prêté Massoud : “Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim”. Mohammed ressent alors “quelque chose d’extraordinaire, comme une déflagration violente qui emporte tout sur son passage, accompagnée d’une sensation de bien-être et de chaleur“. Dès lors, plus rien ne sera comme avant.
Car ce que Mohammed souhaite désormais, c’est de goûter ce pain de vie. Or, à cette évocation, tout le monde prend peur. Les petites communautés chrétiennes d’Irak les premières, qui ne peuvent pas prendre le risque de baptiser un musulman dans un pays régi par la charia. Mohammed est donc obligé de se cacher pour vivre sa foi. Mais sa famille va finir par découvrir son secret. Une fatwa est lancée contre lui. Il sera emprisonné, battu, banni par les siens, Mohammed s’enfuit alors avec sa femme et ses enfants pour la Jordanie. Retrouvé à Amman par ses frères et son oncle, il échappe par miracle à la mort. Leurs balles, tirées à bout portant, le blessent, mais ne le tuent pas. Miracle ? Peut-être. L’épopée de ce Mohammed Moussaoui est traversée par d’autres manifestations de la Providence qui ont bien souvent des visages d’hommes et de femmes venus en aide à ce nouveau converti.
Dans ce récit digne d’un scénario de thriller, le personnage nous fait tout autant partager la force de sa nouvelle foi, qui l’a aidé à surmonter toutes ces épreuves, que le sort tragique des chrétiens d’Orient , victimes de l’obscurantisme de l’Islam. Il en ressort une extraordinaire leçon de courage. Ce témoignage édifiant et poignant nous renvoie aussi à un passage de l’Évangile de Luc : “Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.” Après la Jordanie, Mohammed Moussaoui s’est résolu à quitter sa terre. Il a finalement obtenu le statut de réfugié et pu partir en France. Joseph Fadelle, c’est lui.
Pierre GRANIER
“Le prix à payer”, Joseph Fadelle, L’oeuvre éditions, 224 pages, au prix de 22 EUR port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 – BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2 chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.