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Editorial du 7 février 2010

L’année sacerdotale continue... Que de questions !

Editorial du 7 février 2010 À mi-parcours, il est peut-être bon de rappeler que Benoît XVI a décrété cette année 2009-2010, année du prêtre. Et ce, au niveau de l’Église mondiale. Or les questions peuvent être bien différentes d’un continent à l’autre. Si, par exemple, en Afrique, les vocations sacerdotales sont en nette croissance, on peut s’interroger parfois sur leur authenticité. L’Église est en effet, là-bas, la seule institution – ou à peu près – en état de marche. La tentation d’une promotion sociale, d’une existence un peu plus confortable que la moyenne peut être forte. Et ce n’est pas aux Occidentaux de le leur reprocher, eux qui sont tombés pendant des siècles dans ce travers. Il n’empêche…
Dans nos pays du couchant, la question est toute différente. Le vivier semble presque à sec. Les prêtres sont vieillissants – et méritent toute notre gratitude –, ceux dans la force de l’âge sont surmenés – et méritent tous nos encouragements – et les jeunes pousses, quasi inexistantes. De plus, jadis, il fallait être bon en latin pour entrer au séminaire, aujourd’hui il faut être un héros. Il n’est guère aisé, en effet, de faire un choix qui fera de vous un relégué de la société aux allures d’attardé professionnel ou, pour reprendre les mots d’Hubert Reeves à propos de ceux qui croient au credo des chrétiens, franchement puéril, crétin ou débile mental.
Dans ces conditions, analyse très bien Isabelle de Gaulmyn, dans le journal “La Croix“, de nombreuses questions se posent. “Doivent-ils se résigner à pallier ce déficit en multipliant les célébrations et l’administration des sacrements ? Ou vont-ils voir leur rôle se diluer face à des laïcs dont la vocation a été largement encouragée par le concile ?” Et d’autres encore : l’engagement à vie est-il compatible avec la société de la courte durée ? Faut-il écarter définitivement la possibilité d’ordonner des hommes mariés pour la prêtrise ? Faut-il tenir à l’écart les femmes de ce ministère ? Mais tout cela ne cache-t-il pas une question plus profonde encore : qu’en est-il de la vitalité des communautés chrétiennes ? Comment prennent-elles en main leur mission dans ce monde ? Ne sont-elles pas elles-mêmes en crise d’identité ? La religion est en effet de plus en plus reléguée dans la sphère strictement privée, même pour les croyants.
Charles DELHEZ
 
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