jeudi 3 août 2006
ENQUÊTE : LE BAROMÈTRE 2005 du bénévolat et de la spiritualité
Avez-vous un engagement bénévole ? Dans quel domaine ? Quelles sont vos motivations ? Donnez-vous de l’argent, du sang ? Poserez-vous un geste solidaire à l’occasion des fêtes de fin d’année ? Comment vous définissezvous au point de vue religieux et quelle est votre attitude ? Votre foi a-telle évolué ? Quelles sont vos croyances – notamment vis-à-vis de Dieu, de la mort, de l’au-delà – et votre pratique ? Quelles sont les valeurs importantes pour vous, vos critères de choix professionnels ? Autant de questions que tous se posent à propos des autres et de soimême.
Notre société évolue à vive allure et, parfois, nous ne savons plus bien où nous en sommes. Les sondages politiques ne manquent pas dans le paysage médiatique, mais les baromètres spirituels sont plus rares. Dimanche, dans la ligne de son enquête de 1996, en partenariat avec La Libre Belgique et l’unité d’anthropologie de l’UCL, ont décidé de relever le défi. Durant les mois d’octobre et de novembre, 657 personnes de plus de 18 ans de la Communauté française de Belgique ont été interrogées en face à face, selon la méthode des quotas, par les soins de la société de sondage Sonecom (Ottignies, Huy). Il s’agissait de repérer comment la spiritualité est perçue par la population francophone de Belgique, et comment chacun se comporte à son égard. Un second volet de cette enquête aborde la question du bénévolat.
La spiritualité Catholiques pratiquants.

Nous avons isolé un “noyau dur” de catholiques pratiquants (15% de l’ensemble). Leur foi modérée ou forte, est stable (47%) ou a tendance à se renforcer (39%). Parmi eux, 65% prient régulièrement (Ens. : 30%). Ils ont participé à un office religieux une moyenne de 44 fois dans les douze derniers mois. 54% croient au paradis ou à une destinée en rapport avec la vie menée (Ens. : 30). 73% sont mariés ou veufs (Ens. : 51%) tandis que les personnes qui se déclarent sans religion sont davantage célibataires (43% ; Cath. Prati. : 15%). 47% ont plus de 65 ans et 26% moins de 45 ans.
Les autres religions

Elles forment un ensemble bien spécifique également (17% de l’ensemble). Il s’agit de ceux qui ne se déclarent ni catholiques ni athées ou agnostiques. Ce sont essentiellement les musulmans (35%) et les protestants (24%), mais aussi de ceux qui se disent tout simplement chrétiens ou qui font partie de groupes minoritaires religieux (appelés parfois “sectes”). 35% sont de la sphère chrétienne (orthodoxes, protestants…). Ce groupe est plus jeune (46% de 18 à 33 ans) et plus “pratiquant” (59%) que l’ensemble, sa foi est en croissance (47%) et est ressentie comme forte (50%). 33% viennent de l’univers catholique.
Le bénévolat Le domaine de l’engagement

C’est dans les relations familiales que les gens investissent le plus de temps bénévole (une part importante ou limitée : 49%). Viennent ensuite les personnes individuelles (42%). Dans les associations, l’animation des jeunes vient en tête (27%), suivie du culturel (27%). La religion a un taux relativement faible (14%), mais dans le noyau dur des pratiquants, elle s’élève à 40%. Le syndical et la politique, sont en queue de peloton. À la question sur le parti politique dont elles se sentaient les plus proches, 36% des personnes ont répondu : aucun. Les autres : 19,5 % du PS, 11% du cdH, 10% du MR et 9% des Écolos. Enseignants et cadres sont les plus engagés et les hommes plus que les femmes (sauf dans la religion).
Motivations

Les motivations du bénévolat sont d’abord le bien de la personne aidée (93%), ensuite les convictions (81%) et la satisfaction personnelles (80%). Les motivations religieuses sont très faibles (12% – chez les catholiques pratiquants, 33%). L’attention à la société a un score peu élevé (47%).
Ceci est confirmé par cette autre question où il est demandé aux personnes le lieu où elles trouvent du “divin”, c’est-à-dire quelque chose qui dépasse l’homme : seulement 40% pointent l’engagement pour la justice et la paix tandis que 60% parlent de l’amour et 56% de l’amitié. C’est la nature qui vient en tête avec 69%.
Les catholiques pratiquants s’engagent plus que la moyenne (57%. Ens. : 37%), notamment dans la religion (40%), la famille (61%), pour changer la société (57%) dont 21% “tout à fait”) et par idéal religieux (23%), les pourcentages étant toujours nettement supérieurs à la moyenne. 85% donnent de l’argent (dont 34% régulièrement) et, pour les fêtes de fin d’année, 47% poseront un geste solidaire (38% dans l’ensemble). Quant aux “autres religions”, ils s’engagent à 30% dans le bénévolat, dans les secteurs culturel et jeunesse plutôt que dans la religion et les relations familiales et autres.
Voir en ligne : Enquète Bénévolat et spiritualité